Je peins par nécessité, cherchant dans l’art à lever les voiles du mystère humain, à comprendre son essence, son histoire, cherchant à dévoiler ce qui est caché, utilisant le matériel humain comme prétexte à une recherche graphique et inversement.

Changeant régulièrement de technique (encre, acrylique, papier collé, sable, pigments) et de support (toile, bois, métal, papier) pour ne pas m’installer dans ce qui me semble « maîtrisé », je me sens souvent comme un funambule sur le fil de l’Art, sur le fil de l’existence. Je me jette dans l’inconnu, dans le vide en espérant que me pousseront des ailes, et la magie opère, la connexion, le sentiment d’être la main de quelque chose qui me dépasse de loin.

Pour moi, la peinture nécessite l’abolition de la pensée. Le processus créatif suit alors son chemin au-delà de tout ce que mon esprit seul aurait pu imaginer.

Je travaille sans cesse avec tout ce qui m’habite, tout ce qui est enfoui profondément au cœur de l’intime et que la peinture va mettre à jour.

L’Art transfigure ma vie et ma vie transforme chaque jour mon travail.

Comme dans la vie, c’est dans l’ombre que je cherche la lumière et j’ai fait mienne cette phrase qui dit que la blessure est l’endroit où la lumière pénètre en nous.

Mes thèmes principaux sont l’amour et la mort car eux seuls pulvérisent le carcan de nos pensées, nos croyances, nos habitudes et nous ramènent à l’essence de l’être.

Longtemps isolé sur la toile, seul ou en couple, surgissant de la matière comme une figure dans un nuage ou un vieux mur, je travaille aujourd’hui sur l’Humain comme partie d’un groupe, d’une foule (mariages, enterrements, chorales, etc.)

Emma Ash

2019 Emaëlle